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L’anglais, vos croyances limitantes et vous

30 juin 2019 - articles

Laissez Brian in the kitchen et explorez le reste.

Lors de mon premier voyage en Angleterre (pour les curieux à Bristol, comme le fameux papier du même nom), je me baladais joyeusement et avec curiosité dans les rues du centre-ville.

Au passage je rigolais des vitrines qui affichaient le prix des « facials » et j’appréciais le style particulier des bristoliens.
Or donc il advint que je rentrasse dans une librairie. Je peux même dire qu’elle était spécialisée sur la thématique du voyage et rangée par continent.
Vous ne le savez pas encore (ne vous inquiétez pas ce sera bientôt chose faite) mais il se trouve que j’aime les livres, à la fois l’objet mais surtout son contenu.
Je me promenais donc dans ses allées ne cherchant pas de livre précis, me laissant guider par les appas de leur couverture sachant pertinemment que je ne repartirais pas les mais vides ou plutôt le sac à dos non lesté.
Il advint ce qui devait advenir une couverture attira mon attention. Il s’agissait d’une photo d’un type en train de poser sur sa moto dans un paysage désertique. Rien de si extraordinaire me direz vous ? Il y avait un petit détail cependant qui ne me laissait pas indifférent, en effet, au lieu d’être légèrement vêtu comme on pouvait s’y attendre sous ce climat, il portait un blouson en cuir type aviateur en peau de mouton retournée. J’avais déjà chaud (en plus il faisait un beau soleil d’été dehors ce qui Angleterre oblige, ne dira pas plus de 3 jours). Ajoutez à cela sa moto vintage sur laquelle étaient attachées un peu partout des boites et sacoches; tout cela lui donnait une atmosphère pré XXIe siècle qui n’était pas pour me déplaire. Je lu donc la 4ème de couverture qui finit de me décider. Dans sa courte biographie j’appris que nous partagions un point commun et son aventure semblait racontée avec sincérité et authenticité, last but no least cet ouvrage paraissait être un classique du livre de voyage/aventure , il s’agissait de « Jupiter’s Travel » de Ted Simon. Quelques années plus tard j’en parlais à un ami motard qui, évidemment, connaissait ce livre et m’appris par la même occasion que l’auteur avait effectué à nouveau son voyage originel (tour du monde à moto pendant 4 ans en début de trentaine) lorsqu’il avait 70 ans (cette fois il n’a mis que 3 ans). J’étais impressionné et agréablement surpris, me disant que cela montrait que l’on pouvait vivre encore quelques aventures arrivé à un âge avancé.
Le second livre (ordre chronologique de découverte non contractuel) était
« On the origin of tepees : why some ideas spread while others go extinct ». J’aime le titre sous forme de question (car j’aime les questions et surtout en poser) mais évidement c’est encore une fois la couverture qui m’a attirée :  très colorée avec de nombreux symboles et le titre écrit en gros. L’image toujours l’image mais après tout, la vue est notre sens premier, et pour cette fois-ci la forme valait bien le fond.
Ce livre quant à lui explore le mécanisme d’apparition et d’évolution des idées, en somme la théorie Darwinienne appliquée aux idées en place des espèces à travers l’exemple de l’idée de tipis des indiens d’Amérique du nord d’où le lien avec le voyage.
Après cette longue introduction qui n’en est plus une, vous me direz :
C’est bien beau tout ça mais qu’est ce que je cherche à faire ?
Vous vendre des livres ? Non. En tout cas ce n’est pas le but initial mais après tout pourquoi pas.
De mémoire d’homme, et, sauf erreur de ma part, ces 2 livres sont les premiers en langue anglaise que j’ai acheté moi même et lus (on exclue les livres du programme scolaire adaptés en bilingue).
Depuis lors je me suis rendu compte que je pouvais lire en anglais (je ne comprenais pas tous les mots mais suffisamment pour saisir le sens général).
Cela paraît peu de choses mais c’est tout un univers qui s’offre à vous:
– lire les livres en version originale et non traduite;
– accédez aux livres non traduis en français;
– toute la bibliothèque de langue anglaise (livres, thèses, internet anglophone…).
Au final, il suffisait de se lancer. Je n’ai jamais été un grand aficionado de la langue anglaise et j’avais honte de mon accent français (cependant cela peut avoir son charme auprès du sexe opposé), même si j’avais fait des efforts pour un certain concours je ne me considérais toujours pas comme particulièrement bon en anglais.
En lisant ces premiers livres, j’ai brisé ma croyance limitante sur l’anglais et réalisé que finalement j’arrivais à me débrouiller ce qui m’a permis de me désinhiber et de m’autoriser à m’exprimer plus souvent, source d’énormes progrès.
On a souvent peur du jugement des autres et on n’ose pas se lancer dans une démonstration avant d’être sûr de la maîtriser à 100% or ce moment n’arrivera jamais, il faut donc se lancer, c’est à dire quitter sa zone de confort sans plus attendre (une fois les bases détenues évidemment) pour pouvoir gagner des dizaines de pour-cent en s’exerçant ouvertement.
Souvent on surestime le niveau d’entrée dans une compétence ou alors on vise un niveau d’expertise trop décalé par rapport à nos besoins  immédiats (pour grimper une montagne de 2000 mètres, on n’a pas besoin d’attendre d’avoir le niveau pour grimper l’Everest).
Enfin pour l’anglais mettez-vous y si ce n’est déjà fait, c’est devenu indispensable vu sa situation de langue « internationale ». On peut rapidement en apprendre les bases et pour les plus chevronnés, découvrir le plaisir de la subtilité des verbes modaux.
A l’instar de l’anglais, une fois les bases acquises dans toute nouvelle activité, lancez vous car vous ne serez jamais totalement prêts, d’ailleurs prêt à quoi ?
« Le fossé entre l’ignorance et la connaissance est bien plus petit que le gouffre entre le savoir et l’action. »
Chris Guillebeau.
Épilogue
J’ai dévoré en quelques jours le livre sur l’évolution des idées car en plus de concepts forts intéressants (analogie entre les gènes et les idées) l’auteur nous tient en haleine à la recherche de la première idée de conception du tipi avec son écriture légère émaillée d’humour.
En revanche le livre du tour du monde en moto je ne l’ai toujours pas fini, il est moins accessible (en tout cas au lecteur débutant que j’étais) et d’un rythme moins haletant quoique la moto soit un personnage à parts entières qui, avec ses pannes, en fait voir des vertes et des pas mûres à son propriétaire.
Entre temps j’ai acquis d’autres livres en anglais, principalement dans les librairies d’aéroport internationaux.
Ce voyage à Bristol fut mon premier en solitaire et depuis l’anglais m’est fort utile lorsque je suis à l’étranger.

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